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Guérisons miraculeuses
Quartier de Zeitoun (Égypte)
Nº 877
Avril 1968

La guérison de Wagih Rizk Matta

Au Caire, entre 1968 et 1971, dans le quartier de Zeitoun, près de l’église copte orthodoxe Sainte-Marie, des foules immenses voient, au-dessus des coupoles, une silhouette lumineuse qu’elles identifient comme la Vierge Marie. Chrétiens, musulmans, sceptiques et simples passants s’y rassemblent par dizaines de milliers, nuit après nuit, pendant plus de trois ans. Parmi les nombreuses guérisons constatées, celle de Wagih Rizk Matta se distingue. Ce photographe de quarante-deux ans, grièvement blessé au bras quelques semaines plus tôt, retrouve instantanément l’usage complet de son membre dans la nuit du 13 avril 1968, au moment même où il photographie l’apparition. Son cas est examiné par une commission médicale officielle dirigée par le docteur Shafik Abdelmalek, qui en confirme la réalité.


Les raisons d'y croire

  • Le 27 juin 1967, Wagih Rizk Matta est victime d’un grave accident de voiture au Caire. Son bras gauche reste coincé sous le véhicule : l’avant-bras est broyé, presque arraché, ne tenant plus que par un lambeau de peau. Il est transporté d’urgence à l’hôpital Manchet el-Bakri, où il est hospitalisé de longs mois. Son état est objectivement dramatique.

  • Son cas est examiné successivement par plusieurs spécialistes, qui aboutissent tous au même constat d’irréversibilité :

    • Le docteur Zarif Bichara Risk, chirurgien à l’hôpital Manchet el-Bakri, pratique la première opération d’urgence pour sauver le bras. Les muscles et les tendons ne retrouvent pas leur position normale.

    • Le docteur Samir Farag, spécialiste des os, réalise une seconde intervention pour stabiliser les fractures. L’opération échoue ; l’amputation est envisagée.

    • Le docteur Ali Radi tente une solution conservatrice : il pose un plâtre, renouvelé neuf fois en trois mois. La peau cicatrise, mais le bras demeure totalement inerte.

    • Le docteur Hassan Senara, consulté en février 1968, constate que les nerfs et les tendons sont sectionnés et que les os sont broyés. Il affirme que Wagih ne bougera plus jamais son avant-bras ni sa main.

    • Le docteur Abdel Hay El Sharkawi, chirurgien orthopédiste renommé, effectue des examens radiographiques indépendants, sans connaître les avis précédents. Son diagnostic confirme une paralysie totale et irréversible.

  • Humainement parlant, aucune récupération fonctionnelle n’est possible. Les os sont brisés, les nerfs sectionnés, les tendons rompus. Après près d’un an d’immobilité et d’échecs thérapeutiques, la médecine considère le cas comme définitivement perdu.

  • Dans la nuit du 9 avril 1968, Wagih se rend à l’église de Zeitoun pour photographier l’apparition lumineuse. Lorsqu’elle se manifeste, il saisit instinctivement son appareil à deux mains pour cadrer la scène. Il utilise alors son bras gauche, inerte depuis des mois. À cet instant précis, il retrouve pleinement l’usage de son membre. La guérison est instantanée, sans convalescence.

  • Le docteur Zarif Bichara Risk, qui l’avait opéré après l’accident, l’examine de nouveau. Dans son rapport officiel du 15 mai 1968, il écrit : « Avant le miracle, l’ampleur des mouvements était limitée à une légère flexion du coude, et tous les mouvements partaient en réalité de l’épaule. En examinant aujourd’hui Wagih, je constate qu’il est en bonne santé et peut effectuer une pleine flexion et extension du coude. Je ne peux trouver aucune explication médicale à l’amplitude de ces mouvements. »

  • La conclusion médicale est nette : la science ne parvient pas à expliquer un tel rétablissement. La paralysie déclarée irréversible a totalement disparu.

  • Cette guérison ne repose pas sur un simple témoignage individuel. Elle est examinée dans le cadre d’une enquête officielle, menée avec une rigueur comparable à celle du Bureau médical de Lourdes. En fait, en parallèle de l’enquête policière sur les apparitions, le gouvernement égyptien a demandé une enquête médicale spécifique sur les guérisons signalées.

  • Un comité de sept médecins et professeurs est constitué, dirigé par le docteur Shafik Abdelmalek. Le rapport officiel précise : « Nous sommes exigeants dans la suite des démarches qui guident nos recherches scientifiques de telle sorte que, lorsqu’un miracle est déclaré, il est vraiment passé à travers des examens honnêtes et rigoureux. »

  • La méthode est strictement définie :

    • Un « dossier avant » complet est exigé, avec rapports, radios et examens prouvant la gravité de la pathologie avant la venue à Zeitoun.

    • Un « dossier après » est constitué par de nouveaux examens médicaux afin de constater objectivement la disparition de la lésion.

    • Les médecins traitants sont interrogés pour confirmer le diagnostic initial et le caractère jugé irréversible du cas.

  • Pour être reconnues, les guérisons doivent être :

    • instantanées (sans période de convalescence) ;

    • complètes et définitives ;

    • inexplicables selon l’état des connaissances médicales.

  • Le cas de Wagih Rizk Matta entre précisément dans cette catégorie : lésion organique majeure, attestée par plusieurs spécialistes, disparition instantanée, récupération complète et durable, examens médicaux avant et après à l’appui.

  • La conclusion générale du rapport médical officiel demandé par le gouvernement égyptien pour examiner l’ensemble des guérisons survenues lors des apparitions de Zeitoun est sans équivoque. Signée par le docteur Shafik Abdelmalek, elle affirme : « Les cas de guérisons miraculeuses ont été étudiés sous un angle purement scientifique. Nous avons éliminé tout cas pouvant avoir une explication psychologique ou psychosomatique. Les guérisons que nous avons retenues concernent des lésions organiques irréversibles (cancers, paralysies nerveuses, cécités physiques), qui ont disparu instantanément. »


En savoir plus

Le 2 avril 1968, vers 20 h 30, dans le quartier populaire de Zeitoun, au nord-est du Caire, des mécaniciens musulmans qui travaillent dans un garage de bus situé juste en face d’une église copte aperçoivent une silhouette blanche sur le dôme. Pensant d’abord qu’il s’agit d’une religieuse prête à se jeter dans le vide, ils alertent la police. Le père Youssef Ibrahim, prêtre de la paroisse, est prévenu, ainsi que son fils Adel. Celui-ci sort dans la rue, lève les yeux vers le toit et reconnaît immédiatement la Vierge Marie. Peu à peu, des passants s’arrêtent, des voisins sortent de chez eux, et une foule commence à se rassembler tout autour de l’église pour contempler la silhouette lumineuse.

La nuit suivante, vers trois heures du matin, la silhouette réapparaît devant une foule déjà plus nombreuse. Dès les premiers jours, des milliers de personnes affluent. Entre avril 1968 et juin 1971, pendant plus de trois ans, des manifestations lumineuses sont observées régulièrement, avec une intensité particulière entre le 27 avril et le 15 juin 1968.

La figure décrite par les témoins est celle d’une femme lumineuse, vêtue de blanc, se tenant ou se déplaçant au-dessus des coupoles. Elle s’incline parfois vers la foule, semble la bénir, et disparaît lentement. Des colombes lumineuses apparaissent fréquemment, traversant le ciel sans battre des ailes.

Les foules sont immenses : entre 50 000 et 100 000 personnes certaines nuits, avec des pics pouvant atteindre 200 000 à 250 000 personnes. La majorité des témoins sont musulmans – Égypte oblige –, mais on compte aussi des chrétiens coptes, des catholiques, des sceptiques, des athées et des observateurs étrangers. Des journalistes, des policiers, des responsables publics sont présents. Le président Gamal Abdel Nasser lui-même assiste à deux apparitions et en laisse un témoignage dans le livre d’or de l’église.

Face à l’ampleur nationale du phénomène, le gouvernement ordonne une enquête officielle par le Département de l’Information et des Plaintes. La police inspecte minutieusement les toits, les immeubles voisins et un large périmètre autour de l’église pour rechercher d’éventuels projecteurs ou dispositifs techniques. Les réverbères sont démontés, l’électricité du quartier est coupée à plusieurs reprises pour écarter toute hypothèse de jeu de lumière. Rien ne permet d’expliquer le phénomène par une fraude ou une installation humaine. Le rapport remis au ministre conclut que les apparitions constituent un fait constaté publiquement par des foules de toutes confessions.

L’Église copte orthodoxe reconnaît officiellement les apparitions dès 1968. Dans un pays marqué par la défaite militaire de 1967 et une profonde crise morale, cette présence lumineuse au cœur d’un quartier ordinaire prend pour beaucoup la valeur d’un signe de consolation. Il ne s’agit pas d’un message spectaculaire, mais d’une présence silencieuse, offerte à tous, sans distinction de religion ou de condition.

Antoine de Montalivet a étudié la philosophie et la théologie au séminaire diocésain de Fréjus-Toulon.


Au delà

La vidéo de la chaîne YouTube Ignis sur les apparitions de Zeitoun.


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