La canonisation d'Édith Stein
La mort d’Édith Stein fut reconnue comme assassinat « ex odio fidei », en haine de sa foi catholique, ce qui fait d’elle une martyre : cette arrestation était en effet une vengeance des nazis contre le message de protestation des évêques catholiques des Pays-Bas contre le pogrom et les déportations de juifs. Sainte Édith Stein fut canonisée le 11 octobre 1998 sur la Place Saint-Pierre par Jean-Paul II, et proclamée un an plus tard co-patronne de l’Europe par le même Jean-Paul II.
" L’Église honore une fille d’Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive ». Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Édith Stein, cette remarquable fille d’Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames du XX° siècle. Elle est la synthèse d’une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s’engagent, aujourd’hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, " jusqu’à ce qu’enfin il trouvât le repos dans le Seigneur ".
Cet hommage rendu à sainte Édith Stein, lors de la cérémonie de sa canonisation, permit au pape de trouver en cette nouvelle sainte une figure de tolérance et d’amour fraternel. C’est ainsi qu’il ajoute :
« Déclarer aujourd’hui Edith Stein co-patronne de l’Europe signifie déployer sur l’horizon du vieux continent un étendard de respect, de tolérance, d’accueil, qui invite hommes et femmes à se comprendre et à s’accepter au-delà des diversités de race, de culture et de religion, afin de former une société vraiment fraternelle. »
Ainsi fut honorée à travers cette grande figure les
« Témoins de la vérité et du bien… [qui] ne se sont pas soumises au pouvoir du mal, et … [qui] apparaissent à présent devant nous comme des lumières dans une nuit de ténèbres »
dira d’Édith Stein le pape Benoît XVI, dans le discours qu’il a prononcé lors de sa visite à Auschwitz le 28 mai 2006.